Ce hérisson, je l’aime bien parce qu’avec très peu de matériel, on obtient tout de suite quelque chose qui a du relief. Les piquants ne sont ni dessinés ni peints : on les fabrique avec des petits morceaux de laine marron collés sur le dos.
Sur notre modèle, le hérisson est installé au milieu d’une grande feuille claire. Le museau et le ventre sont coloriés dans un beige assez doux, avec un petit nez marron foncé, un œil noir, une joue rose et un sourire. Mais ce qu’on voit d’abord, évidemment, c’est toute cette laine sur son dos.
Les fils partent un peu dans tous les sens. Certains remontent, d’autres se croisent ou dépassent largement sur le côté. Et c’est très bien comme ça. Un dos trop bien rangé aurait presque moins de charme.
Autour, on peut poser quelques vraies feuilles d’automne, en dessiner, ajouter un gland, un champignon ou deux petits cœurs. Sur l’image, le mélange entre les feuilles naturelles et la laine donne vraiment une ambiance de saison.
Et mine de rien, couper, attraper puis coller tous ces petits fils demande quand même un peu d’attention.

Je sors tout avant de commencer, histoire de ne pas partir à la recherche des ciseaux avec déjà de la colle sur les doigts.
Il faut une feuille blanche, beige ou crème, plutôt épaisse, une pelote de laine marron, une paire de ciseaux, un crayon à papier et des crayons de couleur ou des craies grasses. Pour le hérisson, on utilisera surtout du beige, du marron, du noir et un peu de rose.
Pour les piquants, prenez de la colle en bâton ou de la colle liquide. Cette dernière tient généralement mieux avec la laine ; dans ce cas, un petit pinceau peut être pratique pour l’étaler.
On peut prévoir un œil mobile, une coupelle pour recueillir les morceaux déjà coupés, quelques feuilles ramassées dehors, éventuellement un gland, puis des crayons rouges, orange, jaunes et marron pour le décor.
Un chiffon ou de l’essuie-tout, une vieille nappe ou quelques feuilles de journal complètent le tout.
Avec les ciseaux, on adapte forcément à l’âge de l’enfant. Pour les plus jeunes, l’adulte peut couper lui-même la laine ou rester vraiment à côté. Cette activité convient bien à partir de 6 ans accompagné d’un adulte.
Ce bricolage fait moins de dégâts qu’une séance de peinture, c’est vrai.
Mais entre la colle et les petits fils de laine, je protège quand même la table.
Une vieille nappe, du journal, un chiffon pas trop loin et c’est réglé.
Je pose aussi une coupelle au milieu pour y mettre la laine une fois coupée. Sans ça, les fils ont tendance à se disperser très vite. Un sur la chaise, deux par terre, trois sur le pull…
Et quelques jours après, on retrouve encore un piquant marron coincé quelque part.
Faire une silhouette très simple
La feuille est placée horizontalement.
Au crayon, je dessine un corps assez large et arrondi, puis j’allonge l’avant pour former le museau. Le nez viendra tout au bout.
Sur le dos, une ligne légèrement en zigzag peut servir de repère pour la zone des piquants, même si elle sera pratiquement cachée une fois la laine collée.
Je trace aussi deux petites pattes sous le ventre.
Si l’enfant n’est pas très à l’aise pour dessiner le hérisson, l’adulte peut simplement préparer le contour. Le gros de l’activité reste encore à faire.
Je colorie le corps avant de toucher à la laine.
Après, avec vingt ou trente fils qui dépassent dans tous les sens, passer un crayon dessous devient vite agaçant.
Le museau et le ventre peuvent être beige, marron clair ou légèrement pêche.
Je laisse les traits de crayon visibles. Pas besoin d’une couleur parfaitement lisse. Sur ce type de bricolage, ça va très bien avec le reste.
Au bout du museau, on dessine un nez rond et assez foncé.
Puis l’œil. Un simple point noir fonctionne très bien, ou un œil mobile si vous en avez.
Un peu de rose pour la joue, une bouche légèrement courbée et, déjà, la silhouette prend une autre tête.
Sous le ventre, je fais deux ou quatre pattes très simples.
Un petit contour marron et un peu de couleur à l’intérieur suffisent largement.
Je ne cherche pas non plus à ce qu’elles aient exactement la même taille. Ce n’est clairement pas la partie du dessin qu’on va regarder le plus longtemps.
On déroule maintenant la laine marron et on commence à couper des petits morceaux.
C’est un peu répétitif, mais ça marche plutôt bien avec les enfants.
Je pars sur des fils d’environ 3 à 5 cm.
À peu près.
Je ne mesure surtout pas chacun avec une règle. Un morceau de 3 cm, un autre de 5, un plus court au milieu… ça donnera justement un dos plus naturel.
Tous identiques, les piquants auraient vite l’air beaucoup trop sages.
Ici, on veut plutôt un hérisson un peu ébouriffé.
Il en faut beaucoup plus qu’on ne l’imagine au départ.
Le petit tas qui semblait énorme disparaît très vite dès qu’on commence à couvrir le dos.
Je prépare donc une bonne poignée avant le collage et je la mets dans la coupelle.
Avec plusieurs enfants, on peut d’ailleurs partager les rôles : l’adulte coupe pendant que les enfants récupèrent les morceaux.
Quand la laine est prête, on passe aux piquants.
Je commence à déposer de la colle sur l’arrière du corps.
Je ne recouvre pas tout le hérisson d’un seul coup.
Sinon, pendant qu’on colle tranquillement d’un côté, la colle commence déjà à sécher de l’autre.
Je travaille donc par petites zones.
Un peu de colle près de la tête, quelques fils.
Puis on avance vers le milieu.
Et enfin l’arrière.
Avec de la colle liquide, le pinceau permet de l’étaler assez facilement. Un bâton de colle peut convenir aussi, mais il faut parfois repasser un peu pour que la laine accroche vraiment au papier.
On prend un premier fil et on pose seulement l’une de ses extrémités dans la colle.
Le reste dépasse vers l’extérieur.
Puis un autre.
Puis encore un.
Petit à petit, le hérisson change complètement.
Près de la tête, je fais partir les fils davantage vers le haut.
Sur le milieu du dos, certains vont en diagonale. À l’arrière, ils peuvent s’ouvrir davantage vers l’extérieur.
Et surtout, on peut les croiser.
Sur notre modèle, certains fils sont presque verticaux, d’autres passent par-dessus ceux déjà posés. Ce mélange apporte vraiment du volume.
Au bout d’un moment, on distingue à peine le papier sous la laine.
C’est là que le dessin devient vraiment sympa.
Une seule couche peut donner un hérisson un peu maigre côté piquants.
J’en rajoute donc quelques-uns par-dessus, surtout au milieu du dos.
Une petite pointe de colle à la base des fils déjà fixés, puis on glisse un nouveau morceau.
Je m’arrête avant de transformer le hérisson en grosse boule marron. Il faut encore reconnaître sa silhouette.
Il y en a toujours un ou deux qui refusent de coopérer.
On les colle, on passe au suivant et, hop, ils retombent.
Dans ce cas, je remets juste un peu de colle sous l’extrémité et je maintiens quelques secondes avec le doigt.
La colle liquide demande parfois un peu de patience.
Et surtout, je laisse la feuille posée sur la table. La soulever toutes les trente secondes pour vérifier si tout tient, c’est presque la meilleure façon de faire tomber les piquants.
Quand le dos est terminé, petite pause.
Je laisse la laine se fixer tranquillement avant de commencer à dessiner autour.
On peut en profiter pour ranger la pelote, fermer la colle, sortir les crayons et vérifier au passage qu’il n’y a pas cinq morceaux de laine accrochés à la manche.
Sur notre modèle, j’aime beaucoup les vraies feuilles d’automne posées autour du hérisson.
On peut en ramasser quelques-unes pendant une promenade, dans des tons rouges, jaunes ou orange, puis les disposer autour de la création ou en coller une ou deux directement sur la feuille.
Je choisis plutôt des feuilles encore assez solides. Celles qui sont complètement sèches et cassantes finissent vite en miettes.
On peut compléter avec quelques feuilles dessinées.
Une petite tige, une forme pointue, deux ou trois nervures.
Rouge, jaune, orange, marron…
Rien de très précis.
Ça permet de remplir un peu le décor tout en gardant le hérisson bien visible.
Un champignon rouge à pois blancs dans un coin, un gland plus loin, quelques herbes sous les pattes…
Après, ça dépend surtout de l’enfant.
Il peut ajouter des baies, un cœur, un soleil, un écureuil ou même une maison si ça lui chante.
Je ne cherche pas à reproduire exactement notre modèle.
Le hérisson reste le point de départ. Le reste peut partir un peu ailleurs.
Avec la laine, mieux vaut attendre que tout soit vraiment sec avant de relever la feuille.
Je laisse donc le dessin complètement à plat. Selon la quantité de colle utilisée, ça peut demander une heure ou davantage.
Une fois sec, je soulève la feuille doucement.
Un ou deux fils tombent ? On les recolle et voilà.
Par contre, je ne secoue pas le dessin pour tester sa résistance. À moins de vouloir découvrir à quoi ressemble un hérisson qui perd ses piquants.
Sans transformer l’atelier en exercice, il y a pas mal de petits gestes derrière tout ça.
Attraper un fil, choisir son emplacement, poser seulement son extrémité dans la colle, appuyer, orienter le suivant autrement… ça demande un peu de précision.
Et si l’enfant coupe lui-même les fils, il utilise aussi les ciseaux à plusieurs reprises.
Tout se fait dans le bricolage, sans vraiment y penser.
On fabrique un hérisson. C’est tout.
Avec plusieurs enfants, c’est probablement la partie la plus amusante à regarder après coup.
Même matériel, même dessin de départ… et pourtant les hérissons n’ont plus rien à voir.
L’un aura ses piquants presque bien rangés.
Un autre sera tellement couvert de laine qu’on distinguera à peine le papier.
Chez un troisième, trois grands fils dépasseront au-dessus de la tête. Et il y aura sûrement celui dont toute la laine part du même côté, version hérisson dans la tempête.
Je ne déplace pas les fils derrière eux pour rendre le résultat plus conforme au modèle.
Sinon, ça n’a plus vraiment d’intérêt.
Une joue un peu basse, un gros nez et des piquants complètement ébouriffés font très bien l’affaire.
Au final, le matériel tient en peu de choses : une feuille, de la laine marron, de la colle, quelques crayons et une paire de ciseaux.
La laine apporte vraiment quelque chose de différent. On peut la toucher, la couper, comparer les morceaux, voir le dos du hérisson prendre progressivement de l’épaisseur.
Ça demande un peu de temps.
Quelques fils vont tomber.
On aura sûrement de la colle sur les doigts.
Et oui, deux ou trois morceaux finiront probablement accrochés aux vêtements.
Mais une fois le hérisson terminé, avec tous ses piquants marron qui se croisent, sa petite joue rose et les feuilles d’automne autour, le rendu est vraiment chouette.
On peut l’accrocher en classe, le mettre sur le frigo ou réunir plusieurs créations sur un grand panneau.
Et s’il reste encore quelques fils dans la coupelle, gardez-les.
On ne sait jamais. Le premier hérisson aura peut-être besoin d’un copain. 🦔🧶🍂
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