Celui-là a commencé avec un rouleau de papier toilette posé sur la table.
On avait déjà sorti le matériel pour Halloween et il restait quelques feuilles blanches. Le rouleau était là, alors plutôt que de le mettre au recyclage tout de suite, on a décidé d’en faire un fantôme.Fabriquer un fantôme d’Halloween avec un rouleau en carton.
L’idée était de fabriquer quelque chose de très simple : recouvrir le carton de blanc, ajouter deux bras et dessiner une tête.
Notre fantôme devait d’ailleurs être plutôt gentil au départ.
Ça n’a pas duré.
Avec ses énormes yeux noirs, ses sourcils froncés et sa bouche pleine de petites dents, il a rapidement pris un air beaucoup moins accueillant. Un de ses bras est aussi plus grand que l’autre, mais on y reviendra.

un rouleau en carton vide ;
une feuille de papier blanc ;
quelques chutes de papier blanc ;
un feutre noir ;
un crayon à papier ;
des ciseaux ;
de la colle en bâton ;
un peu de colle liquide pour les bras ;
une vieille nappe.
J’avais également sorti une règle.
Elle n’a finalement servi à rien.
Le rouleau était légèrement aplati parce qu’il avait passé un moment au fond d’une boîte. Quelques pressions avec les doigts lui ont rendu une forme à peu près ronde et ça nous a suffi.
Première chose à faire : transformer le rouleau marron en rouleau blanc.
Je l’ai posé sur la feuille pour estimer la largeur nécessaire, puis j’ai découpé un rectangle assez grand pour faire le tour.
Enfin, c’était l’idée.
Au premier essai, il manquait environ un centimètre.
Le rouleau a donc été reposé sur la feuille et le deuxième rectangle a été découpé un peu plus généreusement. Cette fois, le papier se chevauchait légèrement à l’arrière.
Beaucoup mieux.
On a mis de la colle en bâton au dos du papier, puis on l’a enroulé autour du carton en lissant avec les doigts.
Je trouve le bâton de colle plus pratique ici. Avec de la colle liquide, le papier fin peut vite se ramollir et commencer à gondoler.
En bas, j’avais volontairement laissé quelques centimètres dépasser sous le rouleau.
Une fois le papier collé, le résultat était très propre.
Trop propre, même.
Avec son bord parfaitement droit, notre fantôme ressemblait surtout à un rouleau blanc posé debout.
On a donc repris les ciseaux.
Dans le papier qui dépassait en bas, on a découpé plusieurs pointes : une grande, deux petites, une autre franchement de travers…
Au milieu, l’une des pointes s’est déchirée plus haut que prévu.
Je pensais la recouper pour rattraper le bord, mais une fois le rouleau remis debout, c’était justement celle qui donnait le plus de mouvement au bas du fantôme.
Elle est restée.
À partir de là, on a arrêté d’essayer de faire des pointes régulières.
J’avais prévu de dessiner le visage directement au feutre noir.
Puis, au dernier moment, j’ai quand même fait quelques petits repères au crayon.
Bonne idée, parce que mes premiers yeux étaient placés beaucoup trop haut.
On les a descendus avant de sortir le feutre.
Pour les yeux, on a choisi deux grosses formes noires légèrement ovales. Puis sont arrivés les sourcils.
Deux traits inclinés vers le milieu et le fantôme a immédiatement pris un air furieux.
C’était assez radical.
On a essayé de relever un sourcil pour voir. Il avait soudain l’air inquiet plutôt que méchant.
Finalement, les deux sont restés froncés.
À ce moment-là, quelqu’un a décrété que le fantôme s’appelait Marcel.
Pourquoi Marcel ?
Aucune idée.
Mais le prénom est resté lui aussi.
Il fallait maintenant lui dessiner une bouche.
Je pensais faire quelque chose d’assez petit. Les enfants avaient manifestement un autre projet.
La bouche a donc pris une bonne partie du visage.
Je l’ai d’abord tracée au crayon avec plusieurs petites pointes pour les dents, puis remplie au feutre noir.
Une dent a fini beaucoup plus grosse que les autres.
Je n’avais pas vraiment prévu ça, mais avec ses sourcils froncés et cette énorme bouche, Marcel commençait enfin à ressembler au genre de fantôme qui passe beaucoup de temps à s’entraîner devant un miroir pour faire peur aux gens.
On a laissé la grosse dent tranquille.
Il restait les bras.
J’ai pris une chute de papier blanc et dessiné rapidement une forme assez large, avec quelques pointes au bout pour faire une sorte de main.
Premier bras découpé.
Pour le deuxième, j’aurais pu utiliser le premier comme modèle.
Je ne l’ai pas fait.
Résultat : le deuxième était nettement plus long.
Posés côte à côte sur la table, ça se voyait immédiatement. Une fois placés de chaque côté du rouleau, beaucoup moins.
On les a donc gardés comme ça.
Le petit bras est parti légèrement vers le haut et le grand presque à l’horizontale. Marcel avait maintenant une pose assez étrange, à mi-chemin entre « Bouh ! » et quelqu’un qui essaye d’arrêter un taxi.
Ça nous a fait rire, donc aucune raison de changer.
Pour les bras, la colle en bâton tenait moins bien que prévu.
Le papier avait tendance à revenir vers l’extérieur à cause de la forme arrondie du rouleau.
J’ai donc ajouté une petite goutte de colle liquide à la base de chaque bras et maintenu le papier quelques secondes.
Le premier a tenu.
Le deuxième aussi.
Enfin, pendant environ trente secondes.
Le grand bras est retombé sur la table.
Un peu plus de colle, nouvelle tentative, et cette fois Marcel a gardé ses deux bras.
On les a légèrement pliés près du corps pour qu’ils ne restent pas complètement plats.
Avec ça, le personnage était pratiquement terminé.
Et c’était d’ailleurs mon intention.
Un rouleau blanc, deux bras, un visage : pour moi, Marcel était fini.
Mais il restait du papier noir sur la table.
Quelques minutes plus tard, il avait donc un petit chapeau.
Le chapeau était beaucoup trop grand.
Évidemment.
Il descendait presque jusqu’à un sourcil et donnait à Marcel une allure encore plus étrange. Après discussion, il a été conservé.
À ce stade, le fantôme initialement prévu n’avait plus grand-chose à voir avec ce que j’avais imaginé au début.
C’était plutôt bon signe.
Le problème avec les bricolages en volume, c’est qu’une fois terminés, on a immédiatement envie de les prendre pour les regarder sous tous les angles.
Mauvaise idée avec de la colle encore fraîche.
Marcel a donc été posé sur la table.
Au bout de quelques minutes, quelqu’un l’a repris.
Le grand bras est retombé.
Encore lui.
On l’a recollé une dernière fois et, cette fois, interdiction de toucher au fantôme pendant un moment.
Quand la colle a enfin séché, le bras n’a plus bougé.
Le chapeau non plus.
Victoire.
Le principe est assez simple pour en fabriquer plusieurs sans refaire exactement le même personnage.
On peut montrer comment entourer le rouleau de papier et comment fabriquer les bras, puis laisser chacun inventer son visage.
C’est généralement là que les choses deviennent intéressantes.
Un fantôme aura trois yeux. Un autre une bouche minuscule. Il y en aura probablement un avec des lunettes ou des cheveux alors que personne n’avait parlé de cheveux au départ.
Avec des enfants plus jeunes, je préparerais simplement les rectangles blancs à l’avance et j’aiderais pour les découpes qui posent problème.
Pour le reste, autant leur laisser de la place.
Le visage de Marcel n’aurait certainement pas ressemblé à ça si j’avais décidé de tout faire selon mon idée de départ.
Après Marcel, on en a fabriqué un deuxième avec un autre rouleau.
Cette fois, pas de sourcils furieux. Deux grands yeux ronds et une toute petite bouche lui donnaient plutôt l’air d’avoir peur de Marcel.
Les deux posés côte à côte étaient beaucoup plus amusants qu’un seul fantôme.
Avec plusieurs rouleaux récupérés, on peut donc facilement créer une petite famille : des grands, des petits, des méchants, des étonnés…
Pas besoin d’ajouter énormément de choses. Ce sont surtout les expressions qui font la différence.
On peut ensuite les poser sur une étagère, un rebord de fenêtre ou au milieu des décorations d’Halloween.
Au final, le bricolage n’a demandé qu’un rouleau en carton, un peu de papier, de la colle et un feutre.
Et Marcel ne ressemble pas exactement au fantôme que j’avais en tête au départ.
Son bas est déchiré un peu trop haut d’un côté.
Son bras droit est plus long que le gauche.
Il a une dent énorme.
Et son chapeau est clairement trop grand pour lui.
Le seul détail qui m’a vraiment agacé pendant la fabrication, c’est ce grand bras qui refusait de rester collé. Pour le reste, on a surtout laissé les choses évoluer au fur et à mesure.
Maintenant qu’il est posé debout avec sa drôle de tête, je crois que je le préfère comme ça.
Un fantôme parfaitement symétrique aurait probablement été beaucoup moins drôle.
Et Marcel, lui, a l’air suffisamment mécontent pour Halloween. 👻
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